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forum Index du forum forumJeu de conteurs!! forumLe loup de Galician

Auteur : Sujet: Le loup de Galician  Bas
 Christine67
 Messages postés : 369
  "La vie est un conte de fée
qui perd ses pouvoirs magiques
lorsque nous grandissons."
Robert Lalonde
 Christine67
  Posté le 14/07/2006 18:24:08
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Le loup de Galician


Il était une fois un brave homme de curé qui pratiquait son ministère au Cailar, en petite Camargue. Il ne faut pas croire qu’être curé constitue un métier de tout repos. Monsieur le curé Marty, du Cailar le savait bien qui revenait en plein hiver de porter les derniers sacrements à un vieux, aux écarts de Vauvert. Le vent glacé pénétrait la soutane, le pauvre prêtre grelottait, le nez rouge, les yeux larmoyants, l’estomac dans les talons, avançant coûte que coûte malgré le verglas sur lequel il avait vingt fois glissé, manquant vingt fois de se rompre les os... Il aurait mieux fait de coucher au mas, comme le lui avait conseillé la bru du mourant, mais non, il avait fallu qu’il rentrât... Non pas pour les nécessités de son ministère, mais pour satisfaire son péché mignon, la gourmandise. Ce soir-là Catherine, sa servante, avait farci une oie. Il tardait au père Marty d’y goûter, malgré la nuit qui s’en venait, le froid, le verglas... et les loups !
On savait qu’un grand loup noir de Galician, si maigre que l’on pouvait lui compter les côtes, courait les bois et les chemins entre Galician, Vauvert et le Cailar...


En traversant un petit bois, le père Marty entendit qu’on marchait derrière lui. Il vit, terrorisé, deux grands yeux rouges qui le fixaient, au-dessus d’une gueule énorme, dégoulinante de bave, avec des dents comme mes doigts, qui béait. L’animal était si maigre qu’on pouvait compter ses côtes sous son pelage noir. C’était le loup de Galician !
Le brave curé se signa trois fois.
- Tu aurais grand tort de me manger. Je suis vieux, ma peau est plus dure que celle d’un vieux sanglier de Camargue. Tu pourrais, pourvu que tu acceptes d’être mon hôte, faire ce soir bombance d’une oie farcie et rôtie par Catherine, ma servante !
À ces mots, le loup saliva deux fois plus. Il remua la queue trois fois pour marquer son accord.
- Il te faudra attendre nuit noire, précisa le père Marty. S’ils te voyaient, mes paroissiens te feraient un sort. Quand tu me verras agiter ma lanterne à la porte du presbytère, viens sans crainte. Je te promets un repas digne d’un évêque. Tu m’en diras des nouvelles !
La chose convenue, le loup de Galician accompagna notre bon prêtre jusqu’aux portes du Cailar pour qu’il ne fît plus de mauvaise rencontre.
Bien entendu, Catherine fit la grimace quand elle sut qu’on aurait un loup à dîner. L’inquiétude fit place au plus grand désarroi quand le père Marty, après qu’il eut goûté une aile, une cuisse, une autre aile, une autre cuisse, le foie, le croupion, un peu de blanc, un peu plus de blanc... s’aperçut qu’il ne restait de l’oie que les os !
Ils tinrent un rapide conseil de guerre. Catherine mit à chauffer une marmite d’eau sur l’âtre. Elle s’en alla percher sur une poutre de la cuisine avec la marmite. Lorsque le curé eut agité sa lanterne, le loup pénétra dans le presbytère.
- Verse Catherine, cria le curé quand le loup passa sous la poutre, sers notre invité, et sers-le largement !
Le loup reçut sur l’échine une pleine marmite d’eau bouillante et s’enfuit en hurlant.
Contre toute attente, il survécut à ses blessures. Il garda de l’aventure d’être aux trois-quarts pelé. Il jura de se venger.


Au printemps, le prêtre revenait de Codognan où le curé de la paroisse l’avait invité à souper. Il vit venir à lui… Le loup de Galician, mais aussi le loup de Vauvert, celui du Cailar, le loup de Vergèze, celui de Vestric, le loup de Saint-Laurent d’Aigouze, celui d’Aigues-Mortes, sans oublier le loup de Marsillargues, ni son compère, le loup de Codognan.
Le bon curé Marty courut vers l’arbre le plus proche. Il y grimpa bien vite. Le loup pelé de Galician se dressa sur les pattes arrière, il prit appui sur le tronc avec les pattes avant, le loup de Vauvert sautant sur les épaules du loup de Galician fit de même. Ainsi de suite : celui du Cailar sur les épaules du loup de Vauvert, celui de Vergèze sur celles du loup du Cailar, celui de Vestric sur celles de loup de Vergèze, celui d’Aigues-Mortes sur celles du loup de Vestric, celui de Saint-Laurent d’Aigouze sur celles du loup d’Aigues-Mortes, celui de Marsillargues sur celles du loup de Saint-Laurent d’Aigouze, celui de Codognan sur celles du loup de Marsillargues.
Le loup de Codognan allait refermer la mâchoire sur le mollet du père Marty, quand ce dernier, qui se sentait la vessie oppressée par l’émotion, décida de se délester. Il souleva sa soutane... et se répandit sur le loup de Galician.
- Verse Catherine, cria-t-il, sers notre invité, et sers-le largement !
En entendant ses mots, en sentant un liquide chaud couler sur son échine pelée, le loup de Galician ne put retenir un hurlement de terreur. Il fit un écart, qui précipita à terre le loup de Vauvert, celui du Cailar, celui de Vergèze, celui de Vestric, celui d’Aigues-Mortes, celui de Saint-Laurent d’Aigouze, celui de Marsillargues, celui de Codognan. Il s’enfuit, poursuivi par les autres loups.
Jamais plus on ne revit à Galician le loup pelé. Le loup de Vauvert, celui du Cailar, celui de Vergèze, celui de Vestric, celui d’Aigues-Mortes, celui de Saint-Laurent d’Aigouze, celui de Marsillargues et celui de Codognan y veillèrent !


Et cric et crac, mon histoire est finie.

 Marie-Catherine
 Messages postés : 792
 Marie-Catherine
  Posté le 14/07/2006 18:42:45
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Très sympa !

 
http://img138.imageshack.us/img138/4157/banantrelireml0.jpg
http://ouielire.free.fr/AntreLire/
 contisa
 Administrateur
 Messages postés : 1963
 contisa
  Posté le 14/07/2006 22:17:36
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Ho celui là je l'aime je l'ai longtemps raconté... mais dans une version du Mercantour... mais alors les allusions à Marsillargues et d’Aigues-Mortes que je connais bien et que j'adore... ça fait bien palisr ... merci Christine!!!

...Nous avons toujours tenté de faire croire qu'il existait des bêtes plus féroces que nous...

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