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Posté le 17/05/2007 00:23:06 | | A l'ouest des montagnes Marão, Alvão et Gerêsalgo, les habitants sont rudes, forgés par la dureté du climat et la solitude qui imprègne les paysages. Sur le sol stérile, rien ne pousse d'autres que les chemins de traverses. Comme il fallait bien s'adapter à ces cultures, les hommes se sont fait contrebandiers.
La nuit tombante, jeunes et vieux chargent sur leurs dos 40 kilos de bacalhau et s'engagent sur la route du Portugal. Avant l'aube, c'est le tabac qui les ramènes vers l'Espagne. Sur la route, les ravins guettent à chaque pas, mais le contrebandier connaît son chemin. Le plus grand danger, ce sont les douaniers, qui heureusement ne sont pas très malins!
De tous les contrebandiers, Fernando Manuel est le plus rusé. Il a perdu le compte du nombre de chemins qu'il a découverts. Les villages résonnent des rires suscitaient par les histoires de ses rencontres avec les douaniers.
Pourtant, ce soir, Fernando Manuel est humilié. A cause d'une vulgaire histoire de femme, une portugaise aux jupes austères, Fernando a échappé de justesse au douaniers. Quelle revanche pour ces derniers! Ils ont vu leur adversaire disparaître comme un lapin, son chargement abandonné sur le bord du chemin. Vraiment c'est à croire que les douaniers l'ont laissé filer pour mieux se moquer.
En marchant sur le sentier, Fernando Manuel jure de se venger. La lune elle ne connaît pas de frontières, mais lui doit se cacher! Avec la lune à son côté, Fernando Manuel deviendrait le plus grand des contrebandiers. Même si une maudite femme le dénonce, la Lune complice ne serait plus là pour éclairer les douaniers...
Moi qui suis le contrebandier,
Je relève tous les défis
Je n'ai peur de personne
¡Ay! ¡Ay!
chantonne Fernando Manuel sur le chemin. Trouver le chemin qui va à la Lune n'est pas une mince affaire, même pour un vieux contrebandier rusé. Mais à l'ouest des montagnes Marão, Alvão et Gerêsalgo, les habitants sont rudes et entêtés, et la Lune ne s'est pas bien cachée. Au détour du sentier Fernando Manuel tend la main pour l'attraper et la glisse dans sa besace.
Dans la maison de pierre, Fernando s'est endormi. L'honneur est sauf. Aux douaniers les railleries.
La Tani inspecte la besace de son homme endormi. La Lune est si belle, entre deux perles de verre elle s'en fait un collier. La Tani chante et danse dans la nuit.
" Me llevo tu nombre escrito
Por los montes de la luna
Como puede ser delito
En este mundo maldito
Quererte como a ninguna"
Mais en dansant, la femme renverse le chaudron, le bruit du métal sur le sol réveille l'homme. La lune brille sur le corsage de la Tani, et la chanson résonne dans la montagne. Me llevo tu nombre escrito. Delito. Maldito.
Maldita! La lune n'est pas pour toi sale voleuse! Pour qui te prends tu!
La main lourde de Fernando vole dans les airs. Les perles de verres roulent sur le plancher. Le contrebandier range jalousement la Lune dans sa chemise. Tani sert les dents et le regarde fiérement. Retournes dormir. Retournes. Me llevo tu nombre escrito
Dormir.
Fernando Manuel ne craint rien. Dans les montagnes, le plus grand contrebandier. Celui qui vola la Lune. Sa femme veille sur le feu. Ses amis raillent les contrandiers. Les enfants préparent ses chansons. Dormir...
La Tani a la main leste. Elle caresse doucement la chemise de son homme assoupi. Un geste et la Lune apparaît. Un geste et la Lune disparait dans les jupes de La Tani. La femme du plus grand des contrebandiers prend le chemin de l'ouest des montagnes Marão, Alvão et Gerêsalgo.
De l'ouest? La folle s'est trompée, au vieux chênes elle a tourné à l'Est! Faites confiance aux femmes pour se perdre dans les montagnes. A ce train, elle va tomber droit sur les douaniers. Elle va...
La Tani parle fort avec les douaniers. Elle leur montre quelque chose, qui brille comme une braise. Les rires fusent! Encore une gorgée de vent, et la femme retourne se glisser auprès de son contrebandier.
Le jour se lève plus vite que Fernando Manuel. Mais le voilà qui chante sur le chemin, la main plaquée sur sa chemise.
Moi qui suis le contrebandier,
Je relève tous les défis
Je n'ai peur de personne
¡Ay! ¡Ay!
On croirait que la nuit n'arrivera jamais, et Fernando ne veut rien d'autre que la nuit. Les heures passent, et enfin... La lune se lève. La Lune! Et le rire de Tani qui poursuit Fernando!
Avez-vous déjà croiser cet homme à l'ouest des montagnes Marão, Alvão et Gerêsalgo. Il erre comme un damné en marmonant.
En este mundo maldito
Por los montes de la luna
Me llevo tu nombre escrito
Yo que soy contrabandista!
PS: Les textes en espagnol viennent d'une chanson de Javier Ruibal...
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