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forum Index du forum forumLes contes que nous aimons forumLes larmes de Gutenberg

Auteur : Sujet: Les larmes de Gutenberg  Bas
 Christine67
 Messages postés : 369
  "La vie est un conte de fée
qui perd ses pouvoirs magiques
lorsque nous grandissons."
Robert Lalonde
 Christine67
  Posté le 15/07/2006 23:24:02
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C'est un  conte d'Alsace que j'aime particulièrement.Je l'ai déjà posté sur"Voyages et Partages" il y a quelques mois mais je pense qu'il peut avoir une petite place ici.Je ferai prochainement une petite biographie sur son auteur dans la rubrique appropriée..

LES LARMES DE GUTENBERG
http://img163.imageshack.us/img163/4458/gutenbergnx6.gif

Moi, Johannes Gensfleisch, alias Gutenberg, j'ai inventé l'imprimerie en 1434. Grâce à mon invention, je suis aussi célèbre que Léonard de Vinci ou que Christophe Colomb. Des rues, des places portent mon nom, en Allemagne, en France, dans le monde entier.

Suis-je fier de tous ces honneurs ? Si je l'ai été, je ne le suis plus car j'ai triché, j'ai menti. Je ne suis pas vraiment l'inventeur de l'imprimerie. Ce mensonge pèse sur mes épaules depuis des années.

Aujourd'hui, je veux me délivrer de mon secret devenu trop lourd à porter. Ah, je voudrais pouvoir changer le passé ... mais c'est impossible. Alors, je vais parler, parler, parler ! Et m'arracher mes regrets.



J'étais tellement ambitieux. Je voulais décrocher la lune, je crois que que j'étais prêt à n'importe quoi pour réussir.

Dans mon atelier de Mayence, en Allemagne, j'essayais de fabriquer la première presse à imprimer. J'étais persuadé qu'il était possible de reproduire mécaniquement les manuscrits. Je travaillais comme un fou, jour et nuit, nuit et jour. Je réfléchissais, je dessinais de nouveaux plans, je construisais de nouvelles maquettes, je n'hésitais pas à houspiller mes ouvriers.

Mais j'avais beau faire, je ne trouvai pas. Des essais, oui. Des fausses pistes, oh combien ! Des bouts d'espoir, nombreux. Des petits riens. Juqu'au jour o apparut Gustave ...

Un Alsacien frappait à ma porte. J'eus à peine le temps de lui ouvrir que, déjà, il marchait dans mon atelier. Le bougre était charmeur. Je me laissai charmer. Le monsieur savait parler. Je l'écoutai.

Il parla sans détour :

- Ah, Gutenberg, car c'est bien ainsi que l'on vous surnomme, n'est-ce pas ? Ah, Gutenberg, je sais ce que vous préparez. Cela se dit jusqu'à Strasbourg. Je peux vous aider. Je n'ai l'air de rien, mais vous verrez ... Ensemble, nous réaliserons de grandes choses.

Il aiguisait ma curiosité.

- Qui êtes-vous ? lui demandai-je.

- Est-ce bien important ? me répondit-il. Faites-moi travailler. Si je ne vous donne pas satisfaction, renvoyez-moi. Je ne demande qu'à vous aider, qu'à vous prouver que je suis l'homme qui vous manque. Faites-moi confiance.

Ma confiance à ce parfait inconnu ? Je n'avais pas l'habitude de me laisser bousculer ainsi. Je restai sur mes gardes :

- Mais enfin ! Qui êtes-vous ? ne pourriez-vous pas être moins mystérieux, plus précis ?

Il me raconta sa vie. Gustave avait été scribe. Les scribes recopiaient les manuscrits à la plume d'oie. A la main, lettre après lettre, des milliers d'heures pour des millions de mots. Gustave était un scribe passionné par son art, à l'écoute du progrès.

A Strasbourg, il avait appris qu'un certain Jean Mentelin, un libraire qui tenait boutique dans le quartier du Fronhof, projetait de fabriquer une presse à imprimer. Il avait parlé avec ce libraire. Cette presse à imprimer signifiait la mort de son métier de scribe. En effet, plus besoin de scribe quand il suffit de poser sa feuille de papier sur des lignes de petits caractères et d'appuyer fort, tout simplement.

Gustave était un homme tourné vers l'avenir et il avait offert ses services à Jean Mentelin. leur collaboration avait duré un an.

Soudain, la voix de Gustave se fit plus basse pour me chuchoter :

- Vous savez, Mentelin est un bon artisan, mais il manque de génie. Durant ces derniers mois, j'ai souvent cru que nous étions sur la bonne piste. Mais non. Nous sommes allés de déception en déception. J'en ai eu assez. A Strasbourg, j'ai entendu parler de vous, j'ai décidé de trahir Mentelin et de vous rejoindre ici. Mentelin, lui, n'arrivera jamais à rien, j'en fais le serment.

Je finis par accepter l'offre de Gustave et, pendant des mois, je n'eus pas la moindre occasion de m'en plaindre. C'était un employé hors pair. Infatigable et précis. Inventif et sérieux. Rapide et obéissant. Il était maître dans l'art de sculpter les lettres, les syllabes ou même les mots entier en bois. Grâce à lui, mes travaux avançaient à grand pas. Il avait le don de me glisser une idée à l'oreille en me faisant croire que l'idée venait de moi. Je me sentais pousser des ailes. Ma presse mécanique commençait à prendre forme.

Bientôt la machine fut prête. Et elle marchait ! Enfin ... à peu près. Les caractères en bois se déformaient sous le poids de la presse, l'encre dégoulinait, les lettres bavaient, mais enfin : nous avions inventé la première presse à imprimer. Je ne tenais plus en place, je brûlais de révéler au grand jour le résultat de mon travail.

Mon premier visiteur fut encore un Alsacien, le ferronnier qui m'avait fourni les pièces métalliques de ma machine. Je lui montrai aussitôt ma presse et il se mit à sourire. Un petit sourire en coin qui ne me plaisait pas. J'entends encore ses paroles :

- C'est drôle. J'ai déjà vu ça quelque part. Je crus d'abord que j'avais mal compris. Je lui demandai de répéter. Oui, me dit-il, ça n'était pas la première presse à imprimer qu'il voyait. Alors je sentis mon coeur se serrer. Ma bouche devint sèche, mes mains se mirent à trembler. J'avais l'impression que le sol se dérobait sous mes pieds. Où pouvait-il avoir vu la même chose ? C'était impossible ! Il se trompait ! Il racontait n'importe quoi !

- Cher ami, je vous assure, ajouta-t-il. J'ai vu la même, en mieux, à la Ménagerie, la librairie de Jean Mentelin à Strasbourg.

Je ne le croyais pas. Je ne voulais pas le croire. Que voulait-il me faire avaler ? Que depuis des années, je travaillais pour rien ? Mon sang chauffait dans mes veines. Je bafoullai de pauvres répliques : ce Mentelin devait être un petit amateur, mon visiteur devait confondre un ridicule bricolage avec mon invention révolutionnaire. Peut-être plaisantait-il ... mais alors, la plaisanterie était de mauvais goût. Peut-être m'en voulait-il, mais pourquoi m'en aurait-il voulu ? Pourquoi ?

J'effaçai ces pensées stupides. Je tentai de me calmer. Mon ferronnier était sincère, honnête. Il ne faisait que m'apprendre la vérité. mentelin avait fabriqué une presse à imprimer plus perfectionnée que la mienne ! Je me sentis désemparé, perdu, je cherchai quelqu'un pour m'expliquer. Ce ne pouvait être que Gustave, mon bon, mon cher Gustave. Je me retournai pour le chercher des yeux dans l'atelier ... et je le déouvris juste derrière moi. Il s'était approché sans bruit. Il avait écouté notre conersation.

Il se tenait penché vers moi, lmes mains dans les poches, l'oeil mauvais. Son visage avait changé. je ne connaissais pas ce Gustave-là.

Je regardai à nouveau cet oeil mauvais et son sourire, mauvais aussi ...

Soudain, je compris que Gustave m'avait menti depuis le premier jour. Mentelin n'était pas l'artisan maladroit qu'il m'avait décrit, mais un prodigieux inventeur. Un concurrent, certes, mais un compagnon. Jean Mentelin était un homme respectable.

Quant à Gustave, c'était un scélérat. Il m'avait enroulé de ses belles paroles, il m'avait étranglé avec ses mensonges, il m'avait étourdi de son savoir-faire. Je ne m'étais rendu compte de rien. Je ne tremblais plus. D'ailleurs, plus rien ne bougeait dans mon corps. Mon coeur battait-il encore ?

Je trouvai la force de murmurer :

- Pourquoi ?

- Allons, allons, patron, un petit effort d'imagination ! Vous n'en manquez pas, d'habitude !

Nous étions face à face, les yeux dans les yeux, à moins de conquante centimètres l'un de l'autre. Une tempête de colère soufflait entre nous. Un orage éclata dans ma tête. Je lisais la vérité dans le regard de Gustav. Je criai :

- Le scribe ! Mais oui, Gustave le scribe ! Au fond de toi, tu es resté un scribe, tu le restera toujours. Nous les imprimeurs, nous avons tué ton métier. Tu détestais Mentelin, tu me détestes tout autant. Ah, qul aveugle j'ai été ! Faire confiance à un scribe !

Je voyais clair. Gustave avait pillé Jean Mentelin. Il m'avait apporté sur un plateau les secrets de l'inventeur alsacien. Juste pour se venger. Nous étions ses victimes.

- Bravo, patron. Eh oui, Mentelin, Gutenberg, même combat. Vous êtes bien les mêmes. A vouloir fabriquer cette machine inutile. Qui donc lira les dizaines d'exemplaire d'un même livre ? Personne. L'humanité a besoin de votre belle mécanique. L'humanité a besoin d'artistes comme nous, les scribes.

- Ah oui ? Tu en as chez toi, des manuscrits ? Toi, tu as pourtant la chance de savoir lire ... Mais, aujourd'hui, les livres sont rares, inaccessibles. Avec l'imprimerie, tout le monde pourra en posséder. Lire deviendra aussi simple que manger ou dormir.

Je n'avais pas terminé ma phrase que, déjà le fourbe avait disparu. Dommage, je l'aurais bien assommé ou fouetté. Il était parti comme un voleur. Je ne le revis jamais.

Je n'avais qu'une chose à faire : rendre visite à Jean Mentelin. je voulais voir sa machine et lui proposer que nous travaillons ensemble. A deux, nous pourrions preogresser plus vite. Je dus remettre plusieurs fois le voyage, mes affaires me retenaient à Mayence. Enfin, plusieurs mois après, je pris mon cheval, direction l'Alsace.

A Strasbourg, la librairire était fermée. J demandai à un voisin o trouver Jean Mentelin.

- Mais monsieur, c'est ici même, me répondit-il. L'atelier est au fond du magasin, et lui habitait à l'étage.

- Comment ça "habitait" ? Il a déménagé ?

- Vous ne savez pas ? Vous n'êtes pas au courant ? Celui que vous cherchez se trouve à la cathédrale.

Je me rendis donc à la cathédrale. Le soleil illuminait sa magnifique façade. Les travaux de sa construction se terminaient ou, plutôt, ils ne pouvaient plus continuer. L'édifice menaçait en effet de s'enfoncer dans le sol sablonneux, si la seconde flèche, celle à ma droite, était élevée. On avait décidé de s'arrêter, de garder pour toujours cette cathédrale inachevée, à une seule flèche.

Au sacristain qui vint vers moi, je demandai :

- Vous n'avez pas vu Jean Mentelin ? On m'a dit qu'il vit ici ?

- Vu ? fut sa seule réponse.

- Oui, vu, comme moi je vous vois en ce moment !

Ce sacristain avait un air tellement ahuri qu'il me fit pitié. Qu'avais-je dit de tellement extravagant pour qu'il me regarde de la sorte ?

- Suivez-moi, dit-il enfin.

Il m'emmena dans une chapelle où il désigna une pierre tombale :

- Le Jean Mentelin que vous cherchez, il est ici. Il paraît qu'il est mort de douleur. On lui aurait volé le secret de son invention. Vous savez ce que c'est, vous, cette invention ?

Je restai muet. La vengeance de Gustave avait triomphé, et de quelle manière ! J'étais horrifié.

Je sortis en courant de la cathédrale. Puis je ralentis le pas et me retrouvai sur la place du marché qui porterait plus tard mon nom. Il me semblait que chaque personne que je croisais me regardait d'un air soupçonneux, l'air de dire : "C'est lui, le faussaire, le copieur d'invention."

Evidemment, personne ne me regardait. Mentelin était mort, personne ne se souciait de lui ni de moi. Je me retournai vers la cathédrale, immense, sereine, éternelle.

Moi aussi, je voulais ma part d'éternité. Moi aussi, je voulais devenir célèbre. Je pris alors la décision de ne rien révéler de cette histoire et de me faire passer pour l'unique inventeur de l'imprimerie.
Je n'eus pas l'impression d'être malhonnête, c'était simplement plus fort que moi.

J'étais si fier, fier de moi, fier de mon travail.

"Mon" invention allait bouleverser le monde. De mes yeux s'échappèrent quelques larmes. Des larmes d'orgueil, de bonheur. Si quelqu'un m'avait demandé ce qui m'arrivait, je lui aurais menti. Je lui aurais répondu :

- Ce n'est rien. L'éblouissement du soleil. Et, du revers de ma veste, j'aurais séché mes larmes.



Jacques Lindecker
Les larmes de Gutenberg

 Marie-Catherine
 Messages postés : 792
 Marie-Catherine
  Posté le 16/07/2006 17:56:10
Send a private message to Marie-Catherine
En voilà une histoire représentive de ce qu'est la Science.
Bruno Latour, anthropologue et sociologue, explique bien comment l'Histoire oublie que la Science est avant tout histoires d'humains...et que la Vérité est en fait le résultat d'un consensus humain.

- STOP Catherine !...ton dada n'est pas forcément de mise chez les conteurs ! Christine ne pouvait pas savoir à quel point, elle tapait dans le mille !
-Ok, oK, Marie, j'arrête là !

... Merci Christine de cette belle histoire.
Question : quand on écrit une histoire sans savoir qu'elle a déjà été contée, peut-on quand-même s'en dire l'auteur ?

 
http://img138.imageshack.us/img138/4157/banantrelireml0.jpg
http://ouielire.free.fr/AntreLire/
 contisa
 Administrateur
 Messages postés : 1963
 contisa
  Posté le 16/07/2006 22:57:09
Send a private message to contisa
Merci pour ce poste original, viavnt et charmant Marie et Catherine...

En ce qui concerne ta question, ... heu... en fait... ec qui me vient tout de suite à l'esprit, c'est qu'il existe des versions de nos contes traditionnels dans toutes les civilisations... elles ont toutes été racontées ou écrites à une époque où les peuples ne se connaissaient pas encore entre eux ou du moins n'avaient pas encore eu de contacts... pourtant caheque verion de Blanche Neige, qu'elle soit Français, Russe, Espagnole est une version valide et authentique...

Donc, je répondrai à ta question: oui on peut s'en dire l'auteur... SI ON NE L'A JAMAIS ENTENDUE AUPARAVANT... SANS TRICHER!! HONETEMENT!!! bien sûr!!! et dans ce cas là, la chute sera différente ou le problème déplacé sur d'autres points, ce ne sera jamais tout à fait le même conte en réalité... même si la trame reste la même... beaucoup de contes ont des trames semblables en fait...


...Nous avons toujours tenté de faire croire qu'il existait des bêtes plus féroces que nous...
 Christine67
 Messages postés : 369
  "La vie est un conte de fée
qui perd ses pouvoirs magiques
lorsque nous grandissons."
Robert Lalonde
 Christine67
  Posté le 17/07/2006 10:32:09
Send a private message to Christine67
Il n'y a pas si longtemps,il était évident que la terre était plate.Ce que nous considérons comme Vérité est le plus souvent,en effet ,le résultat d'un consensus qui pourrait être démenti par une découverte scientifique imprévu!
Dans ma "tendre" enfance,la Vérité était ce que mes parents me disaient.Depuis,je ne crois plus de la même façon  au père noel, et j'ai retenu que la Vérité est une valeur désirable mais qu'elle est insaisissable et jamais absolue!!
Mais le mot"vérité" n'a pas la même signification et la même importance pour tout le monde!
Jung(comme ça ,au hasard!)par exemple affirme que la Vérité est le résultat de l'inconcient collectif.
Mais où m'entraines tu Marie?
Jusqu'où vais je aller Catherine?
Bien entendu,ma réponse à ta question est OUI Marie-Catherine!
Il n'est que trop parfaitement évident que les êtres humains vivent dans un Univers imparfait!
Merci et à bientôt Marie- Catherine!
Ce fût un plaisir!

 Marie-Catherine
 Messages postés : 792
 Marie-Catherine
  Posté le 17/07/2006 12:26:56
Send a private message to Marie-Catherine
Oh! Comme ça fait plaisir d'être si bien entendue...

C'est effectivement aux mythes quasi universels que je pensais Isa, ainsi qu'aux "remakes" involontaires que tout un chacun peut faire dans n'importe quel domaine.
Petite question cependant : quand peut-on considérer être vraiment honnête ? Car une histoire -ou un théorème- c'est l'aboutissement d'une maturation dont finalement, peu d'éléments sont personnels !

C'est effectivement à une certaine maturité, que tu propose psychologique, Christine, mais qui est aussi proposée sociologiquement, nécessaire à la diffusion d'une nouvelle croyance/vérité, que je pensais.
Et ta petite question à toi, c'est : y-a-t-il vraiment un lien entre Vérité et perfection ? Ou pourquoi dis-tu l'univers imparfait ?

Et pour lier les 2 facettes de vos posts:
99, 9% des découvertes/inventions/histoires passent à la trappe parce que leurs auteurs ne savent/peuvent pas les diffuser.
Le net - de même que la télé et l'écriture avant lui- ouvre le monde d'un certain point de vue. Quel est son influence, sur le monde du conte en particulier, et comme nouveau médium de communication, et comme nouvelle source d'inspiration ?

Moi, j'écris plus d'histoires parce que je sais désormais  où trouver des lecteurs, j'ai plus d'inspirations de type "conte" parce que j'en découvre essentiellement le monde grâce au net...et je vais beaucoup plus voir les conteurs quand l'occasion se présente.

 
http://img138.imageshack.us/img138/4157/banantrelireml0.jpg
http://ouielire.free.fr/AntreLire/
 contisa
 Administrateur
 Messages postés : 1963
 contisa
  Posté le 17/07/2006 17:29:13
Send a private message to contisa
Marie Catherine... je crois qu'une partie de la réponse se trouve dans ta question... on peut se rencontrer plus facilement, donc on s'influence aussi beaucoup plus, le brassage est important...on se fait plus facilement connaître aussi par la pub sur le net qui nous porte plus loin que des affiches sur les murs de nos villes respectives...

Quant à l'honneteté, je pense qu'il existe des moments, et tu le sais toi Marie-Catherine, où les mots viennent à toi, ils te sont tout d'un coup évidents, ils te sortent du corps sans que tu saches vraiment où ils t'emmènent...et quand tu regardes ta feuille ou ton écran... tu te rends compte que tu viens d'écrire une histoire qui tient la route... là tu es complètement honnête et pourtant tu as raison, ton histoire aura été faite de petits détails d'autres histoires, mais toi tu auras dit autre chose, autrement et ce sera de tes trippes que cette histoire là sera sortie et ça, ça la rend unique ton histoire...

...Nous avons toujours tenté de faire croire qu'il existait des bêtes plus féroces que nous...

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