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forum Index du forum forumLes contes que nous aimons forumDame Holle

Auteur : Sujet: Dame Holle  Bas
 vaLy_Lara
 Messages postés : 77
  Posté le 16/12/2006 15:07:49
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à la demande de Contisa,suite à un échange dans "les symbolismes", voici une version de "Dame Holle", dite aussi "Dame Hiver". Bonne lecture.
C'est étrange, j'ai lu, relu, répété ce conte des centaines de fois étant petite, et même ado, et pourtant, il semble peu connu. Peut-être fait-il plutôt partie du "réservoir" de l'est ? Peût-être que des esprits avertis pourront me donner des pécisions là-dessus.

Une veuve avait deux filles, l'une jolie et courageuse, l'autre
paresseuse et laide . C'était à la seconde qu'elle donnait sa
préférence, parce que cette fille laide et paresseuse était sa propre
fille et l'autre avait tout le travail à faire dans la maison dont elle
était la Cendrillon. Elle devait chaque jour aller sur la grand-route
s'asseoir près du puits et filer, filer tellement que les doigts lui en
saignaient. Un jour donc, que sa quenouille était toute poisseuse et
tachée de sang, la malheureuse se pencha sur le puits pour la laver
mais la quenouille lui échappa des mains et tomba tout au fond du
puits. En pleurant elle courut raconter son malheur à la marâtre, qui
lui cria dessus. Elle fut assez impitoyable pour lui dire:
« Puisque que tu as laissé tomber la quenouille, tu n'as qu'à aller toi-même la chercher ! »
La pauvre retourna près du puits, se tortura en se demandant comment
faire et pour finir, dans son affolement, sauta elle-même dans le puits
pour en rapporter la quenouille. En tombant elle s'évanouit ; et
lorsqu'elle se réveilla et repris ses sens, elle était dans une belle
prairie, sous le brillant soleil, et il y avait autour d'elle des
milliers et des milliers de fleurs.
Elle s'avança dans cette prairie et arriva devant un four à pain où
cuisait la fournée, et voilà que les pains, de l'intérieur se mirent à
appeler:
« Retire-moi ! Retire-moi ! Sinon je vais brûler, je suis déjà bien cuit et plus que cuit ! »
Elle y alla, saisit la longue pelle de four et sortit un à un tous les pains jusqu'au dernier.
Puis elle poursuivi sa marche et arriva près d'un pommier chargé de pommes en quantité énorme, et là aussi on l'appela:
« Secoue-moi ! Secoue-moi ! Nous les pommes, nous sommes toutes mûres ! »
Alors elle secoua l'arbre et les pommes tombèrent comme s'il
pleuvait, et elle le secoua jusqu'à ce qu'il n'en restât plus une sur
l'arbre, puis elle les mit soigneusement en tas avant de se remettre en
route. Pour finir, elle arriva près d'une petite maison où une vieille
regardait par la fenêtre, mais elle avait de si longues dents, cette
vieille que la fillette dans sa peur, voulu se sauver à toutes jambes.
—- Pourquoi t'effrayes-tu ma chère enfant ? lui dit la vieille
femme. Reste avec moi, et si tu fais bien ton travail, si tu me tiens
la maison bien en ordre, tout n'en n'ira que mieux pour toi. Surtout,
tu dois veiller à bien faire mon lit et secouer soigneusement l'édredon
pour en faire voler les plumes, parce qu'alors, il neige sur le monde. Je suis Dame Hiver.


Le ton aimable et les bonnes paroles de la vieille réconfortèrent
son cœur et lui rendirent son courage: elle accepta son offre et entra
à son service, s'acquittant de sa tâche à la grande satisfaction de
Dame Hiver, battant et secouant son édredon jusqu'à faire voler les
plumes de tous cotés, légères et dansantes comme des flocons de neige.
En retour, elle avait la bonne vie chez elle: jamais un mot méchant et
tous les jours du bouilli et du rôti.
Mais quand elle fut restée un bon bout de temps chez Dame Hiver,
elle devint triste peu à peu, sans trop savoir pourquoi quand cela
commença, ni ce qui lui pesait si lourd sur le cœur; enfin elle se
rendit compte qu'elle avait le mal du pays. Elle savait bien, pourtant,
qu'elle était mille fois mieux traitée ici que chez elle, mais elle
n'en languissait pas moins de revoir sa maison.
—- Je m'ennuie de chez moi, finit-elle par dire à Dame Hiver, et
bien que je sois beaucoup mieux ici, je voudrais remonter là-haut et
retrouver les miens. Je sens que je ne pourrais pas rester plus
longtemps.
—- Il me plaît que tu aies envie de renter chez toi, dit Dame Hiver,
et puisque tu m'as servi si fidèlement, je vais te ramener moi-même
là-haut.
Elle la prit par la main et la conduisit jusque devant un grand
portail, une porte monumentale dont les battants étaient ouverts; au
moment où la jeune fille allait passer, une pluie d'or tomba sur elle,
dense et drue, et tout l'or qui tomba resta sur elle, la couvrant et la
recouvrant entièrement.
C'est ce que je te donne pour avoir été si diligente et soigneuse
dans ton travail lui dit Dame Hiver, en lui tendant en plus, sa
quenouille qui était tombée au fond du puits
La grand-porte se referma alors, et la jeune fille se retrouva sur
le monde, non loin de chez sa mère. Et quand elle entra dans la cour,
le coq, perché sur le puits, chanta:


Cocorico ! Cocorico !La demoiselle d'or est ici de nouveau.
Elle arriva ensuite chez sa mère, et là, parce qu'elle était
couverte de tant d'or, elle reçut bon accueil aussi bien de sa mère que
de sa demi-sœur.
La jeune fille leur raconta tout ce qu'il lui était advenu, et quand
la mère apprit de quelle manière elle était arrivée à cette immense
richesse, sa seule idée fut de donner à sa fille, la paresseuse et
laide, le même bonheur. Il fallut donc qu'elle allât comme sa sœur,
s'asseoir à coté du puits pour filer; et que pour que sa quenouille fût
poisseuse de sang, elle dut se piquer le doigt et s'égratigner la main
dans les épines; elle jeta ensuite sa quenouille dans le puits et sauta
elle-même comme l'avait fait sa sœur.


Et il lui arriva la même chose qu'à elle: elle se retrouva dans la même
prairie et emprunta le même chemin, arriva devant le même four, où elle
entendit semblablement le pain crier:
« Retire-moi! Retire-moi! Sinon je vais brûler, je suis déjà bien cuit et plus que cuit ! »
Mais la paresseuse se contenta de répondre:
« Plus souvent, tiens ! que je vais me salir ! »
Et elle passa outre. Lorsqu'elle arriva un peu plus loin près du pommier, il appela et cria:
« Secoue-moi, secoue-moi! Nous les pommes nous sommes toutes mûres ! »
Mais la vilaine ne se retourna même pas et répondit :
« Fameuse idée, oui ! Pour qu'il m'en tombe une sur la tête. »
Et elle continua son chemin.
Lorsqu'elle arriva de devant la maison de Dame Holle, comme elle
avait déjà entendu parler de ses longues dents elle n'eut pas peur et
se mit aussitôt à la servir.
Le premier jour tout alla bien, elle fit du zèle, obéit avec
empressement et vivacité, car elle songeait à tout l'or que cela lui
vaudrait bientôt; mais le deuxième jour, déjà, elle commença à paresser
et à traîner, et beaucoup plus le troisième jour, car elle ne voulu
même pas se lever ce matin là. Elle ne faisait pas non plus le lit de
Dame Hiver comme elle devait le faire, négligeait de secouer l'édredon
et de faire voler les plumes. Dame Hiver ne tarda pas à se lasser d'une
telle négligence et lui donna congé.
La fille paresseuse s'en montra ravie, pensant que venait le moment
de la pluie d'or; mais si Dame Hiver la conduisit aussi elle-même à la
grand-porte, au lieu de l'or, ce fut une grosse tonne de poix qui lui
tomba dessus.
— Voilà la récompense que t'ont méritée tes services ! lui dit Dame Hiver, qui referma aussitôt la grand-porte.
La paresseuse rentra chez elle, mais couverte de poix des pieds à la tête; et le coq, sur le puits, quand il la vit, chanta:
Cocorico ! Cocorico !La sale demoiselle est ici de nouveau.
La poix qui la couvrait colla si bien à elle que, de toute sa vie, jamais elle ne put l'enlever.

 contisa
 Administrateur
 Messages postés : 1955
 contisa
  Posté le 16/12/2006 16:09:02
Send a private message to contisa
Ho merci Valy... pas le temps de le lire maintenant je passe en courant mais ce soir je m'y arrète... le début met en apétit...

Bisous

...Nous avons toujours tenté de faire croire qu'il existait des bêtes plus féroces que nous...

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